Publié le

23/06/20

POLITIKOS – De la cité


Le terme « politique » trouve son étymologie dans le mot grec ancien « Politikos » que l’on peut traduire par « ce qui concerne l’organisation de la cité ». Donc l’organisation de la vie collective de ses habitants.

Faire de la politique n’est donc en rien infamant et toute société, toute collectivité, si elle veut avoir une organisation de vie respectueuse de chacun et donc de tous doit forcément s’organiser, se donner des règles de vie commune, organiser les services nécessaires tels que l’instruction, l’approvisionnement, la circulation des biens et des personnes, etc…

Chacun chacune peut concevoir les choses à sa façon et si chacun veut appliquer sa vision cela risque vite de devenir invivable. Pour y répondre nous n’avons rien inventé depuis les grecs : il faut que la collectivité se dote d’une instance de décision regroupant un nombre réduit de citoyens, habitants, qui organiseront le fonctionnement collectif de la cité.

La question qui s’est posée est de savoir quel statut doit avoir cette instance. Les grecs ont institué, avec des tâtonnements, des modifications successives, ce qu’ils ont désigné être la démocratie du grec dêmos, le peuple et de kratia le pouvoir.

On peut donc traduire « Démocratie par « le peuple au pouvoir », à l’image de « monarchie » le monarque, le roi, au pouvoir. Alors que souvent on traduit par « le pouvoir du peuple » ce qui renforce ce que l’on désigne par « démocratie représentative » avec le risque de dérive de « représentants » qui oublient qu’ils ne sont que mandatés par le peuple.

Si toute collectivité importante ne peut fonctionner qu’avec des règles établies par un groupe réduit de ses membres, il est indispensable que ce groupe soit le plus représentatif des personnes constituant cette collectivité dans la diversité des idées, des projets, des envies que chaque membre peut porter.

Et c’est là que la difficulté commence. Les grecs avaient donc un temps imaginé que ce groupe réduit soit constitué de personnes tirées au sort. Mais des personnes ainsi choisies ne voulaient pas participer. Il a donc été prévu qu’il fallait que des volontaires se désignent préalablement et fassent acte de candidature. Mais il fallait alors également réduire le nombre de fois où il était possible d’être candidat, au risque de voir toujours les mêmes.

Bien sûr des familles ou des alliances ont alors constitué des groupes influents par leur nombre au sein de ces instances de gouvernance de la cité.  On les appellerait aujourd’hui des partis « politiques » donc de la cité…

Si nous n’avons rien inventé le système électoral municipal actuel est relativement défaillant pour ce qui concerne la représentativité de la diversité de la population.

Avant 1982 la liste arrivée en tête raflait tous les sièges. De ce fait un groupe, constitué détenait les pleins pouvoirs qu’il était très difficile de contrôler pour le ou les groupes qui avaient perdu l’élection.

A partir de 1982 a été introduit le système majoritaire mâtiné d’une dose de proportionnelle permettant aux listes minoritaires de siéger mais sans grande représentation en nombre, rendant leur travail très difficile tout en figeant les débats puisque la minorité est incapable en fait d’influer sur les décisions. Par contre la connaissance et le contrôle de la gestion par la majorité est devenue plus accessible…

Il apparaît clairement que seule la proportionnelle intégrale, donc avec une élection à un seul tour, permettrait une représentation plus sensible de la diversité des opinions tout en obligeant à des accords bénéficiant à tous et à chacun.

Mais nous n’en sommes pas là.

Si à Rives les deux listes de droite ont fusionné, tirant la leçon de 2014 où l’une s’était retirée en perdant alors des voix entre les deux tours, leur prétention à un « apolitisme » ne trompe personne. L’expérience de LREM qui se disait ni de droite ni de gauche et dont on voit que l’équilibre prétendu penche finalement et ouvertement à droite suffit à en donner l’exemple. En 2020 ne serait-il pas illusoire de chercher à tromper les électeurs ?

Il ne faut pas oublier non plus que toutes les élections nationales voient le FN ou RN en tête des résultats à Rives…

Comment penser que la droite n’existerait pas à Rives et qu’elle serait sans ambition… ?

Quant aux deux listes « divers gauche », issue d’une scission de la majorité de 2014 la rupture est visiblement consommée et aucune alliance n’a visiblement été possible, au risque pour chacune d’elles de n’avoir que des élus minoritaires et donc sans aucun pouvoir…

Si des explications ont été données publiquement d’un côté quant aux raisons de cette rupture, le silence est la seule réponse de l’autre…

C’est sans doute dommage pour la bonne compréhension des électeurs qui ont à choisir.

En tout cas, en cas de victoire de la droite il y en a un qui sera content.

C’est Julien Polat, Maire de Voiron, et sans doute prochain président de la CAPV. Ce « bébé » Carignon, avec qui il a fait ses classes, ne se cache pas d’être de droite. Il se dit même qu’il aurait tiré les ficelles à Rives, une liste ayant des membres du même parti et l’autre une tête de liste dont il est l’employeur. Faire l’union n’était dès lors plus un choix mais une obligation pour les deux listes qui ne semblaient n’attendre que cela.

Nous reviendrons sur ces élections après le second tour, il y aura forcément des choses à comprendre et à analyser quel qu’en soit le résultat.

Philippe Kochert