Publié le

22/02/16

UN DISQUE… ET EN AVANT LA MUSIQUE…


Zone bleue, le retour…

Ce n’est pas le titre d’un nouveau film, quoi que ?, mais depuis septembre dernier les zones bleue, et même jaune, ont vu à nouveau le jour à Rives sur des espaces de stationnement encore plus importants qu’il y a quelques années.

Si on ne sait pas pourquoi elles avaient disparues, on nous dit pourquoi elles reviennent…

Motif : des commerçants se sont plaints du stationnement trop important de véhicules de riverains, qui ne bougeaient pas de la journée ont-ils dit, empêchant le libre accès aux commerces de la rue de la République…

Eh oui, dans le fantasme commercial traditionnel, pour qu’un commerce fonctionne, ce n’est ni le service ni la qualité du produit ou de la prestation proposés qui font l’achalandage (le passage de la clientèle et non les produits proposés) , mais le fait de pouvoir stationner devant le commerce chez qui l’on souhaite aller.

Avec ce raisonnement, plutôt simpliste et surtout archaïque, les commerces des rues piétonnes de Voiron, Grenoble et autres… devraient avoir fermé leurs portes depuis longtemps.

Or non seulement il n’en est rien, mais ces rues sont devenues très recherchées et les fonds de commerces ont vu leur prix augmentés.

Avec une telle attitude il est clair que la réflexion annoncée par le Maire de Rives il y a quelques mois, sur la semi piétonisation de la rue de la République ne semble pas prête à voir le jour.
Du reste l’abandon du (très) ancien projet de réaménagement de la rue de la République, a été annoncé par le Maire lors des vœux de janvier 2016 !

Ce qui est intéressant c’est que seuls les commerçants peuvent espérer tirer profit de ces aménagements. Reste à savoir si leur chiffre d’affaire a augmenté depuis la mise en place de ces zones, ce qui semble loin d’être acquis.

Quant à la commune, elle ne tire aucun profit de la situation. Bien au contraire même.

Le coût annoncé du traçage au sol et de la mise en place des panneaux de réglementation se monte à 19 500 €.
Somme à laquelle s’ajoute 1 200 € pour les premières tenues des deux ASVP (Agent de Surveillance de la Voie Publique) ainsi que 25% du SMIC puisque l’aide de l’Etat est de 75% sur les 2 emplois d’avenir créés pour eux…

Premier problème : ces coûts n’ont aucune contrepartie pour la commune.

On aurait pu en effet penser qu’une partie au moins du montant des PV revienne dans les caisses de la ville de Rives.
Il n’en est rien, l’intégralité des amendes reste dans les caisses du trésor public.

Deuxième problème : le coût de la pérennisation d’une telle mise en oeuvre est totalement incertain et de ce fait la question se pose de son maintien.

Il est précisé dans la décision du Conseil Municipal du 4 juin 2015 ayant décidé la création des 2 postes d’ASVP que « Ces deux contrats à durée déterminée seront conclus pour une période de 12 mois minimum et renouvelable dans la limite de 36 mois renouvellements inclus et sous réserve du renouvellement des aides versées par l’Etat ».

Ce qui signifie que si les aides de l’état ne sont pas renouvelées, les deux postes sont supprimés. En tout cas en tant qu’ « emploi d’avenir ».
Dès lors, comme en créant ces postes il a été considéré que les 2 policiers municipaux ne pouvaient pas remplir la mission créée et confiée aux ASVP, la ville se trouve devant deux alternatives.

1 – La Ville ne remplace pas les ASVP et il n’y a plus alors de contrôle des zones bleues et jaunes. Elles deviennent donc totalement inefficaces !

2 – La Ville crée un ou deux emplois d’ASVP ou de policiers municipaux, sans aucune aide financière, pour remplir la mission de surveillance des zones réglementées et autres missions suivant la qualification retenue pour cet ou ces agents.

Dans le premier cas c’est la disparition annoncée des zones bleues et jaunes. Pour la deuxième fois, avec le même maire !
Dans le second cas, non prévu à priori lors de la prise de décision de la création des zones réglementées, c’est un coût salarial et d’équipement non envisagé ni budgété à ce jour par la commune.

Cette création de zones réglementées entrainera-elle alors une augmentation des impôts locaux ?

Toujours est-il que nos deux jeunes ASVP sont et restent dans la précarité avec un CDD qui n’est renouvelable qu’une seule fois, si la loi est respectée !

« Gouverner c’est prévoir » disait Emile de Girardin (1802-1881)

Dans le cas des rivois et des deux jeunes en contrat d’avenir, nul ne sait quel sera justement l’avenir, imprévu, lié à cette décision municipale…

JPN