Publié le

13/01/14

QUELLE EAU BUVONS-NOUS ?



Notre Terre est un monde fini, au sens où rien ne viendra de l’extérieur apporter un complément d’éléments naturels tels que l’air et l’eau. De ce fait l’eau que nous buvons a déjà été bue… ce n’est qu’un cycle bien connu : pluie, évaporation, nuage, pluie… Et pour notre consommation pompage des eaux infiltrées…

Aujourd’hui plus de 96 % des eaux de surface sont polluées par les pesticides (source IFEN – Institut Français de l’ENvironnement) dont la moitié à des taux préoccupants. Un exemple : les pommiers subissent de 25 à 30 traitements chimiques par an (source Agir pour l’environnement).

Et les noyers ?

Les eaux de pluie, après avoir lavé les plantes ayant subi un traitement chimique se retrouvent pour une grande partie, après infiltration, dans les nappes phréatiques. Et ce sont dans ces nappes qu’est puisée l’eau courante, celle du robinet, avec laquelle on fait la cuisine, on se lave, fait la vaisselle, nettoie le linge, arrose les plantes et aussi…que l’on boit !

Bien sûr on peut choisir de boire de l’eau en bouteille, mais est-elle meilleure que l’eau du robinet ?

Comment choisir entre les eaux minérales et les eaux de source ?

Les eaux de source subissent exactement les mêmes contrôles que l’eau « du robinet ». Quant aux eaux minérales, initialement vendues exclusivement en pharmacie car prescrites pour certains traitements thérapeutiques, elles ont des composants à teneur différentes, indiqué sur chaque bouteille, avec des contrôles différents.

Attention cependant aux eaux minérales car les teneurs en fluor et sulfates peuvent alors avoir des effets non désirés…

Boire l’eau du robinet ne poserait donc pas plus de problème que boire de l’eau de source.

Si l’Homme peut se passer de certaines ressources naturelles, telle que le pétrole, il serait impossible de se passer d’eau. Notre corps est composé à 65 % d’eau. Il est donc indispensable de préserver notre ressource en eau, mais aussi sa qualité.

Des contrôles sont effectués régulièrement par les prestataires et communiqués au public.

Vous recevez, avec votre facture, un rapport annuel de l’ARS (Agence Régionale de Santé) indiquant le résultat des mesures effectuées.

Prenons un exemple à Rives pour les personnes alimentées par le puits du Pont du Boeuf.

Depuis 10 ans, soit entre 2002 et 2012 (dernier relevé reçu fin 2013) notons que pour ce qui est des nitrates, issus notamment de l’usage d’engrais, nous sommes passés de 36 mg/l à 39,4 mg/l pour une limite de dangerosité à 50 mg/l. Soit environ 10 % de plus.

Zone de captage du Pont du Boeuf

C’est peu, mais le problème vient de la constante et irrémédiable augmentation mesurée chaque année. Quid pour l’organisme humain ?

Pour ce qui est des pesticides, on est passé de 0,1 µg/l en 2002, pour une limite à….0,1µg/l, donc atteignant le seuil acceptable, jusqu’à 0,15µg/l en 2010, soit 50 % au dessus de la limite, 0,13µg/l en 2011, puis 0,078µg/l en 2012, soit 22 % en dessous de la limite.

A chaque fois l’eau a été considérée « conforme » et « sans restriction pour la consommation ».

Quelle que soit la mesure l’eau est donc restée « consommable ». On peut donc s’interroger sur ce que signifie la « limite de qualité ».

On pourrait croire à une réduction des pesticides de 22 % en dessous du seuil, après une pointe à + 50 % du seuil.

Mais tout dépend de la période de mesure, qui n’est pas indiquée, et surtout de l’hydrométrie. Car de fortes précipitations lavent les sols et entraînent les substances « lavées » par infiltration. Ce qui n’est pas le cas en période de sécheresse…

Les indications reçues de l’ARS se veulent au final systématiquement rassurantes.

Inquiétant, car cela veut dire que l’on peut ingurgiter régulièrement des pesticides, en quantité dépassant la limite autorisée, sans information sur la limite de dangerosité !

Qu’en est-il pour vous ? Lisez le document reçu avec votre facture d’eau, vous en saurez plus sur l’eau que vous utilisez et buvez éventuellement…

N’hésitez pas à contacter l’ARS Isère pour toute information : 04 76 63 64 29.

C’est un service public.

H²O