Publié le

27/01/14

DEMOCRATIE, vous avez dit démocratie… ?


2° partie – Démocratie et République

La réelle démocratie, ou démocratie directe, telle qu’initiée à Athènes n’a donc pas duré très longtemps mais son principe n’a surtout pas été repris dans la mise en place des constitutions qualifiées pourtant de démocratiques.

Il en fut ainsi de la constitution des Etats-Unis, établie le 17 septembre 1787, soit deux ans avant la révolution française. Ce qui a valu à ce pays le titre de première démocratie.

Or, on a vu en première partie ce qu’en pense le philosophe grec Takis Fotopoulos.

Le politologue Français Bernard MANIN, dans son ouvrage « Principes du gouvernement représentatif » (Edition Flammarion) développe une analyse similaire : la démocratie représentative, qui fait consensus aujourd’hui et depuis le début du 19° siècle, a été perçue comme anti-démocratique par des penseurs tels qu’Aristote, Rousseau ou Montesquieu.

De fait, les théoriciens et fondateurs du gouvernement représentatif tel l’abbé Sieyès en France ou Madison aux Etats-Unis, étaient profondément hostiles à toute idée de démocratie directe. Ils en connaissaient alors les règles athéniennes, oubliées depuis, et les rejetaient…

La représentation fédère en fait deux notions. La création d’une élite de gouvernants, que l’on appelle plus prosaïquement aujourd’hui la « classe politique » (Classe pour éviter le terme de caste ?)

Et la professionnalisation de cette élite dirigeante.

Deux notions pour lesquelles les démocrates athéniens avaient une profonde défiance et que le tirage au sort pouvait seul éviter en instituant le principe de la rotation des charges.

Quant à la République…

La République romaine (instaurée en 509 Av JC) fait suite à la monarchie des rois Étrusques. Ce sont les consuls, au nombre de deux, élus pour un an qui conduisent la République. Le principal organe constitutionnel est le Sénat qui réunit les représentants des familles patriciennes.

Res publica désigne la « chose publique », ou plus près du sens étymologique, le « bien public ».

Aujourd’hui les termes de démocratie et de république, bien que différents dans leur sens et leur finalité, sont considérés comme synonymes.

Pourtant, si la démocratie définit un mode de gouvernance, la république ne définit que le cadre de cette gouvernance. La gestion du «bien public» n’est plus héréditaire, comme avec le système monarchique, mais devient collective. Elle appartient au peuple sans distinction de classe sociale.

Mais là encore ce principe fut détourné dans des régimes républicains, dont certains rajoutaient « démocratique », qui ressemblaient plus à des systèmes oligarchiques (petit groupe dirigeant) proches du système monarchique.

La méthode se confond dès lors avec le cadre. Certaines « républiques démocratiques » n’avaient en fait pas grand chose à voir avec la république et encore moins avec la démocratie…

Qu’en est-il aujourd’hui en France de notre république et du fonctionnement de nos institutions ? Peut-on considérer que nous sommes dans le cadre d’un fonctionnement démocratique ? De quelle nature ? De quels outils disposons-nous pour être non seulement entendus mais écoutés et pris en compte ?

Nous votons pour désigner nos « représentants » que ce soit au plus haut niveau, présidentiel, comme au premier niveau de délégation de notre pouvoir, la commune.

Mais qu’est-ce que le pouvoir ? Sinon le nôtre que nous déléguons, voire abandonnons à d’autres. Ne prend il pas forme uniquement par le vote délégataire ?

Conseil Municipal, Conseiller Général, Conseiller Régional, Député, Député Européen et Président de la République sont élus au suffrage universel direct par les citoyens.

Maire et Sénateur sont élus au suffrage universel indirect, respectivement par le Conseil Municipal et les grands électeurs (députés, sénateurs, conseillers régionaux, conseillers généraux, maires et adjoints délégués des communes).

Mais au milieu de tout ce « mille feuille administratif » reconnu, et dont régulièrement on nous dit qu’il faut le réduire afin d’éviter les doublons, où est le citoyen ?

Mis à part voter, est-il réellement considéré ? L’accumulation de « représentants » garantit-elle une réelle représentation citoyenne ?

Alors est apparu en 2007 le nouveau concept de « démocratie participative ». Nous y reviendrons…

A SUIVRE…

PhK