Publié le

23/12/13

DEMOCRATIE, vous avez dit démocratie… ?


1° Partie – Des bords du Kifissos (Rivière d’Athènes) aux rives de la Fure…

Démocratie est sans doute aujourd’hui l’un des mots les plus utilisé dans le monde, tant par ceux qui la réclament, que par ceux qui s’en revendiquent…

Aux origines

Étymologiquement « démocratie » a pour racines Demos, le peuple et Krato, le pouvoir. Ce qui veut dire « le peuple au pouvoir ». Et non pas le « pouvoir du peuple » qui s’est vitre traduit par un peuple seulement représenté.

Athènes, vers 500 avant J-C. Seuls les hommes sont alors considérés comme citoyens, donc « de la cité ». Les femmes, les étrangers, les esclaves n’ont pas alors le « droit de cité ».

Tous les « citoyens » participent à la vie publique. L’égalité de parole était la règle et toutes les opinions pouvaient alors s’exprimer, sans exception.

Les « magistrats », tirés au sort parmi des volontaires avaient pour mission de faire appliquer les décisions. Révocables à tout moment ils étaient contrôlés par les citoyens.

On peut alors parler de démocratie directe, bien qu’imparfaite puisque à base d’exclusion d’une partie des habitants.

« Est citoyen quelqu’un qui est capable de gouverner et d’être gouverné » disait Aristote

C’est après le siège de Sparte et la capitulation d’Athènes que le système démocratique athénien prend fin et est remplacé par un système oligarchique, du grec « oligo » peu nombreux et « arkhê » commandement.

Au cours des siècles qui ont suivi, plusieurs expériences de systèmes plus ou moins démocratiques, s’inspirant ou non de l’expérience athénienne virent le jour. Mais aucun système ne mit en place une démocratie directe à la manière athénienne.

Se créèrent essentiellement des démocraties représentatives. Les élections pour nommer les représentants du peuple, le dépossédèrent en fait de son pouvoir.

Le philosophe Takis Fotopoulos (né en 1940 et théoricien de la démocratie inclusive) écrit : les pères fondateurs de la constitution américaine n’en voulaient pas (fin du 18ème siècle) et ont donc inventé la démocratie représentative. Leur objectif réel était de dissoudre le pouvoir populaire, afin de garantir que le système démocratique, qui prétendait répartir le pouvoir à égalité, serait bien compatible avec la dynamique de l’économie de marché, qui provoquait déjà une concentration du pouvoir entre les mains d’une élite. […] Si la démocratie représentative a été inventée, ce n’est pas parce que la population était trop nombreuse. Le raisonnement des pères fondateurs n’était pas : « La représentation est nécessaire parce que la république à un vaste territoire » mais « Il est souhaitable d’avoir une république territorialement étendue pour que la représentation soit inévitable ». La notion de représentation […] a donc été imaginée pour servir de filtre : elle était exactement l’inverse de l’Isegoria, l’impératif d’égalité de parole de la démocratie. […] Ainsi comprise, la démocratie cessait d’être l’exercice du pouvoir politique : on en faisait au contraire l’abandon de ce pouvoir, qui se trouvait transférée, via les élections, à une élite politique. »…

A SUIVRE…..

PhK