Publié le

23/12/13

EDITORIAL


La période est à l’agitation fiscale…

Cela a commencé avec des entrepreneurs qui se sont crus des pigeons, d’autres qui se sont pris pour des poussins, puis des bonnets rouges, contestant l’écotaxe, au regroupement hétéroclite associant des chefs d’entreprises à des salariés . Ces derniers qui n’ont visiblement pas compris qu’il faudra bien payer l’entretien des routes, par l’impôt, si les transporteurs routiers n’en payent pas l’usage commercial qu’ils en font !

 

Se sont engouffrés dans ces mouvements les opposants au mariage pour tous, eux-mêmes inspirés au printemps dernier par une droite réactionnaire et infiltrés d’une droite extrême, trop heureux de perpétuer une agitation dont le but annoncé par certains serait de « virer » le Président de la République, légitimement élu, mais illégitime à leurs yeux car socialiste…

 

On a vu aussi défiler des chevaux dont les cavaliers ne semblent pas avoir compris que la TVA à 20 % était une règle Européenne qui vaudrait à la France des amendes conséquentes si elle ne l’appliquait pas. Amendes alors payées par l’impôt de tous les français, même ceux qui ne font pas d’équitation…

Pourtant ce n’est pas à Bruxelles qu’ils sont allés manifester !

 

Et les routiers qui, non contents de refuser l’ecotaxe, bloquent les vacanciers de noël (quelques camions suffisent alors!) pour protester aussi contre leurs concurrents Européens, et donc aussi français, qui utilisent les différences de législation sociale au sein de l’Europe, pour casser les prix. Ces mêmes concurrents, qui utilisent les routes et autoroutes françaises épargnées jusqu’à présent par l’écotaxe plutôt que traverser les pays où elle est de mise !

Que ne vont-ils bloquer les dépôts de véhicules de ces transporteurs ?

 

Le dénominateur commun à ces mouvements est la contestation de l’impôt, voire des charges sociales.

 

Or sans l’impôt pas de routes, pas de réseaux ferrés, pas d’aéroports, pas d’école publique, pas d’hôpitaux, pas d’électricité, pas d’eau…. ce qui est nécessaire, même aux riches…

 

Sans charges sociales, pas de sécurité sociale, pas de retraites, pas d’indemnisation de chômage, pas de médecine du travail, pas d’allocations familiales…

 

Alors oui posons nous des questions, informons nous avant d’agir, de revendiquer, de contester. Réfléchissons, seuls ou en groupe, sur ce que doit être notre « res publica » qui se traduit par « choix public » ou « bien public ». Celui que nous faisons collectivement et non dans un individualisme auquel la société nous invite, guidée par un pouvoir économique tout (trop?) puissant qui ne nous considère que comme des consommateurs dociles de produits à l’obsolescence programmée et donc à renouveler sans fin…

 

Une période électorale se présente, municipales puis européennes. Prenons garde à l’expression d’un ras-le-bol qui pourrait faire le jeu d’un populisme d’extrême droite, individualiste et sans avenir. Ce qui n’empêche pas la critique mais dans une réflexion constructive d’un avenir commun, quoi qu’on en dise ou pense.

 

D-Rives38 se voudrait aussi une pierre à la (re) construction d’une réflexion collective pour un avenir à construire…

 

Philippe Kochert